La bouillie bordelaise fait partie des traitements les plus répandus dans les jardins français. Le dosage de bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau varie selon la culture visée, et une erreur de quelques grammes peut compromettre l’efficacité du traitement ou abîmer les feuilles. Le cadre réglementaire européen autour du cuivre a bougé récemment, ce qui change la manière d’aborder ce produit au potager comme au verger.
Cuivre au jardin : un cadre réglementaire qui se resserre
La plupart des articles sur le dosage de la bouillie bordelaise ignorent le contexte réglementaire. Il éclaire pourtant les raisons pour lesquelles la précision du dosage n’est plus une simple recommandation de bon sens, mais une nécessité encadrée.
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Le cuivre reste autorisé au niveau européen, mais sa prolongation d’approbation, actée par le règlement d’exécution (UE) 2025/1489 du 24 juillet 2025, maintient son statut de substance candidate à la substitution. Autrement dit, les autorités considèrent que des alternatives doivent être recherchées à terme.
En France, l’Anses a publié le 15 juillet 2025 des décisions de renouvellement et de retrait pour 34 produits cupriques. Les restrictions portent sur les distances de sécurité vis-à-vis des points d’eau et sur les dispositifs végétalisés à proximité. 17 autorisations n’ont pas été renouvelées en viticulture biologique, avec des délais de grâce pour l’écoulement des stocks allant jusqu’au 15 janvier 2027.
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Pour un jardinier amateur, la conséquence directe est simple : tous les produits étiquetés « bouillie bordelaise » ne seront pas forcément disponibles dans les mêmes formulations d’ici deux ans. Vérifier la date de validité de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) du produit acheté devient un réflexe utile.

Dosage bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau : les écarts selon les cultures
Le dosage standard souvent cité pour la bouillie bordelaise tourne autour de 10 à 20 g par litre. Cette fourchette est trompeuse parce qu’elle masque des écarts significatifs d’une culture à l’autre.
Dosages de référence par type de culture
| Culture | Dosage pour 1 litre d’eau |
|---|---|
| Tomates, aubergines | 6 g |
| Salades, légumes feuilles | 12,5 g |
| Arbres fruitiers | 15 à 20 g |
| Pommes de terre, vignes | 25 g |
Les tomates, souvent la première raison pour laquelle un jardinier se tourne vers la bouillie bordelaise, nécessitent un dosage bien plus faible que celui des arbres fruitiers. Appliquer 20 g par litre sur des plants de tomates revient à surdoser de plus du triple la quantité adaptée, avec un risque de brûlure foliaire et d’accumulation de cuivre dans le sol.
La formulation du produit acheté compte aussi. La concentration en cuivre métal varie d’une marque à l’autre (souvent autour de 20 % de cuivre métal, mais pas systématiquement). Lire l’étiquette du produit spécifique est la seule manière fiable de calculer le dosage réel.
Traitement préventif au potager : la question du calendrier
La bouillie bordelaise agit comme un fongicide de contact. Elle ne pénètre pas dans les tissus de la plante et ne soigne pas une infection déjà installée. Son efficacité repose entièrement sur l’application avant l’apparition des symptômes.
Appliquer après la pluie, quand les feuilles ont séché mais que l’humidité a favorisé la germination des spores, reste la fenêtre la plus souvent recommandée. En revanche, pulvériser juste avant une averse forte annule l’effet protecteur, le produit étant lessivé avant d’adhérer au feuillage.
Les retours terrain divergent sur la fréquence optimale d’application. Certains jardiniers traitent toutes les deux semaines en période humide, d’autres espacent à trois semaines. La logique de réduction du cuivre encourage à limiter le nombre de passages plutôt qu’à augmenter la dose unitaire.
- Traiter sur feuillage sec, idéalement le matin après évaporation de la rosée
- Renouveler après toute pluie supérieure à quelques millimètres qui lessive le dépôt
- Éviter les traitements par temps chaud (au-dessus de 30 °C), le cuivre pouvant devenir phytotoxique
- Ne pas mélanger la bouillie bordelaise avec des produits acides sans vérifier la compatibilité

Accumulation du cuivre dans le sol : le risque que le dosage seul ne résout pas
Même avec un dosage maîtrisé, le cuivre ne se dégrade pas. Il s’accumule dans les couches superficielles du sol, année après année. Les parcelles traitées régulièrement depuis plusieurs décennies présentent des teneurs en cuivre qui peuvent devenir toxiques pour les micro-organismes du sol et certaines cultures sensibles.
Réduire la dose par application ne suffit pas si le nombre de traitements annuels reste élevé. La logique actuelle poussée par les agences réglementaires repose sur un plafond annuel de cuivre par hectare, pas seulement sur une dose par passage.
Pour un potager familial, la traduction pratique consiste à alterner avec d’autres approches préventives quand les conditions le permettent :
- Rotation des cultures pour casser les cycles de pathogènes
- Choix de variétés résistantes au mildiou (notamment pour les tomates)
- Paillage pour limiter les éclaboussures de sol porteur de spores sur le feuillage
- Décoctions ou purins (prêle, ortie) en complément, sans les considérer comme des substituts complets
L’allophane, une argile naturelle, fait l’objet de recherches comme alternative au cuivre contre le mildiou de la vigne. Les résultats restent à confirmer à plus large échelle, mais ce type de piste illustre la direction prise par la recherche agronomique face aux limites du cuivre.
Maîtriser le dosage de bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau est un point de départ, pas une fin en soi. La précision du dosage protège les plantes et limite le surdosage immédiat. C’est la gestion sur plusieurs saisons qui détermine l’impact réel sur le sol et la biodiversité du jardin.

